|
La tradition veut qu'il soit né en 1665, aux Bressels sur
la Sagne. Enfant, il fréquente probablement l'école publique
à La Sagne et s'initie dès l'âge de douze ans à la petite
mécanique.
Le hasard le mit en contact avec un marchand de la région,
nommé Peter, qui avait acheté une montre à Londres et cherchait
à la faire réparer. Attiré par l'objet, le jeune Daniel,
sans connaissances préalables, le répare et décide de continuer
de travailler dans l'horlogerie en fabriquant des montres.
Il met plus d'une année pour se procurer l'outillage nécessaire
puis fabrique une montre en 6 mois. Il poursuit dans cette
voie et devient ainsi le premier horloger de la région.
L'industrie genevoise, forte de son monopole, lui refuse
l'achat d'une machine à tailler les engrenages, mais Daniel
Jean-Richard parvient à créer une telle machine et loin
de garder son savoir à son seul bénéfice, il décide aussi
de former d'autres horlogers.
Dans les années 1690 et suivantes il devient un personnage
relativement important et est reçu bourgeois de Valangin
en 1693. Suite à sa nomination au sein du Conseil de Bourgeoisie
en 1697, il est chargé de défendre à Neuchâtel, en 1699,
la cause des Nemours, famille souveraine chère à la population
des Montagnes.
|
|
C'est aux environs de 1705 qu'il s'établit avec sa famille
aux Petits-Monts sur Le Locle.
Il ne s'enrichit pas à la pratique de son métier mais demeure
pour les neuchâtelois le père de l'horlogerie, on en oublie
même la prééminence de Genève en la matière. La légende
s'est emparé de Daniel JeanRichard au 19e siècle. Elle a
fait de lui l'instigateur, voire le créateur de l'industrie
horlogère neuchâteloise.
Aujourd'hui l'on sait que sa réelle influence s'est opérée
sur la formation, puisqu'il a eu la sagesse de former des
apprentis. Et s'il a créé le premier atelier de la région,
la naissance de l'industrie horlogère dans les Montagnes
neuchâteloises ne s'est fait qu'après sa mort en 1741.
|
|
|
Tiré de:
Biographies neuchâteloises, tome 1, article Daniel
JeanRichard, Maurice Favre, pp. 159 - 162, Ed. Gilles Attinger,
1996
Charles Thomann, L'histoire de La Chaux-de-Fonds, inscrite
dans ses rues, Ed. Du Griffon, 1965
Maurice Favre, Daniel JeanRichard, Musée neuchâtelois,
1992, pp. 45 - 56
|