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Le souvenir de Blaise Cendrars à La Chaux-de-Fonds est
aujourd'hui définitivement assuré grâce au Lycée de sa ville
natale qui porte désormais le nom du célèbre poète et écrivain.
Cendrars, le bourlingueur, fut toujours en route, depuis
son enfance jusqu'à la fin de sa vie. Il a traversé l'univers,
voyagé sous toutes les latitudes et exercé les métiers les
plus divers, toujours en quête de nouveaux horizons, de
nouvelles aspirations. Souvent démuni sur le plan financier,
mais finalement libre et indépendant, il manifeste une prodigieuse
curiosité pour la peinture, l'écriture, la sculpture, la
musique et une vitalité hors du commun qui le conduira de
sa ville natale, notamment vers Naples, Neuchâtel, Saint-Pétersbourg,
Berne, New York, Paris, Bruxelles, Tremblay-sur-Mauldre,
Sao Paulo, Aix-en-Provence, Villefranche-sur-Mer.
Au terme d'une scolarité à ses yeux contraignante, Frédéric-Louis
Sauser part à Saint-Pétersbourg. A l'issue de ce séjour,
il écrira son premier texte poétique La Légende de Novgorod
qui marque le début de sa carrière future d'écrivain. En
1908, Freddy Sauser s'inscrit à l'Université de Berne. Il
y rencontre Féla Poznanska, juive polonaise, qui sera sa
compagne de l'avant-guerre, puis sa femme et la mère de
ses trois enfants.
A son retour de New York en 1912, il s'installe à Paris.
Il fréquente La Ruche à Montparnasse et se lie d'amitié
avec le poète Apollinaire, les peintres Léger, Chagall,
Braque, Modigliani, Picasso, Soutine. Il en profite pour
faire connaître son génie dans le milieu littéraire et artistique
ambiant. Quelques mois après la publication des Pâques,
qu'il signe sous son pseudonyme de Blaise Cendrars, il édite
La Prose du Transsibérien et de la Petite Jehanne de France,
"premier livre simultané" créé en collaboration avec la
peintre impressionniste Sonia Delaunay. Cet ouvrage extraordinaire
occupe une place capitale dans le monde du livre moderne.
Lorsque la guerre éclate, il s'engage dans la légion étrangère.
Et il perd sa main droite. Mais Cendrars repart, "de la
main gauche". De 1918 à 1925 il exerce divers métiers qui
ne le détournent pas de sa vocation première d'écriture.
Tour à tour éditeur, il dirige les Editions de la Sirène
qui publient quelques ouvrages extraordinaires sur le plan
bibliophilique, en particulier La fin du monde filmée par
l'ange Notre-Dame, puis cinéaste avec Abel Gance, enfin
scénariste et critique d'art. Il publie successivement chez
Grasset deux romans majeurs L'Or, en 1925 qui raconte la
merveilleuse histoire du général Johann August Suter, puis
Moravagine en 1926.
Entre 1928 et 1940, période entrecoupée de nombreux voyages
au Brésil, il se passionne pour le journalisme d'investigation
et écrit, en particulier pour le journal Paris-Soir, une
série de reportages.
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Il publie pendant cette période une série d'ouvrages, deux
romans Au Sans Pareil en 1929, Le Plan de l'Aiguille et
Les Confessions de Dan Yack qui sera salué comme le roman
de l'année, puis chez Grasset en 1930, Rhum qui retrace
l'affaire Jean Galmot député de la Guyanne mort mystérieusement,
et chez Payot en 1932, Vol à Voile qui est un récit autobiographique.
A partir de 1945 Cendrars écrit avec abondance et découvre
une écriture nouvelle qui devient l'une des références majeures
de la nouvelle génération. Il publie aux éditions Denoël
sa fameuse trilogie soit L'homme foudroyé (1945), La Main
coupée (1946), Bourlinguer (1948).
Ces trois œuvres, indissociables, mêlent savamment l'autobiographie,
les mémoires, les nouvelles, les faits historiques, les
récits d'aventure, les poèmes en prose.
En 1949, Cendrars et Raymone Duchâteau, actrice rencontrée
en 1917, se marient à Sigriswil, commune bernoise d'origine
de l'écrivain. La même année, il termine une œuvre majeure
Le Lotissement du ciel qui constitue le dernier volume des
Mémoires dites autobiographiques et La Banlieue de Paris,
remarquable ouvrage réalisé en collaboration avec le photographe
Robert Doineau.
Dès 1956, malgré une hémiplégie qui lui paralyse le côté
gauche et sa main unique, Cendrars trouve encore la force
de publier le dernier livre préparé Trop c'est trop qui
est un recueil de nouvelles et d'articles.
"Ni le nom, ni l'oeuvre de Blaise Cendrars ne seront ignorés
: ils sont distraitement reconnus" écrira André Malraux
en 1950 qui lui remettra, le 17 janvier 1961, en tant que
Ministre de la Culture, le Grand Prix littéraire de la Ville
de Paris.
Contact :
Centre d'études Blaise Cendrars de l'Université de Berne.
Séminaire de littérature française, 5, Hallerstrasse, CH-3012
Berne
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